Esse
Je claque comme une furie la porte et m’affale, éffondrée par tant de méchanceté, sur le lit de tout mon long. Je le déteste. JE LE DÉTESTE. Pourquoi il me fait ça? Je ne peux pas y croire. Je ne veux pas. Je pleure de plus belle, les larmes dévalant mes joues rosées par la honte, l’humiliation. Ce que je peux le détester. Ça fait mal. J’ai l’air d’une parfaite idiote. Pleurer pour ça. Pleurer à cause de lui.
J’entends la porte s’ouvrir. Non, pas lui. Faites qu’il s’en aille, il ne peut pas me voir dans cet état, il saura que c’est à cause de lui que je pleure. Vas-t-en Noam, dégages.
- Dégages, je lui dis froidement.
Au lieu de quoi il se cale confortablement sur la porte et reste là à me détailler.
-Je t’ai dis de dégager, t’es sourd ou quoi? Je lui cris avant de me mettre l’oreiller sur les oreilles pour ne plus rien entendre.
Plusieurs minutes défilent. Je ne sais pas s’il est parti, j’ai l’oreiller sur la tête mais j’espère sincèrement qu’il l’est. Je commence peu à peu à me détendre, à me décrisper légèrement de la compagnie de Noam. Je me laisse bercer par le silence qui règne dans la pièce, je suis bien. Je sens un poids lourd tomber sur le lit juste à mes côtés. Dans un cri de surprise, je me retourne vivement sur le dos pour me rendre compte que la lumière est maintenant éteinte et que je suis couchée sous quelqu’un. Noam. Je suis étendue de tout mon long sous Noam. Je n’entends que son souffle chaud qui me brûle la peau. Qu’est-ce qu’il fait? Il veut me rendre folle? Eh bien, il s’y prend mal parce que je ne deviendrai pas folle pour si peu. Non, mais elle est passé où ma tête? Il m’a humilié ce con! Qu’il me lâche!!
-Lâches-moi tout de suite, j’articule difficilement.
- Pourquoi je ferais ça? Me provoque-t-il sensuellement.
J’avale difficilement ma salive. Ce n’est pas possible, il ne s’enlèvera jamais d’au-dessus de moi. C’est une cause perdue, je le sais bien. Mais à quoi bon abandonner quand on a peut-être une chance?
- Je t’ai dis de me lâcher. Enlèves ta grosse carcasse de sur moi, tu m’écrases le gros, fis-je méchamment. Ce que je suis méchante ces temps-ci.
- Pauvre de toi, ironise-t-il. Tu trembles on dirait.
- Tu te fais des idées, je lui cingle froidement.
- Dommage, dit-il d'une voix suave avant de fondre sur mes lèvres.